Ostéopathe puis Psychanalyste en APO
- aponicolasgiot
- 9 févr.
- 7 min de lecture

De l’ostéopathie à la psychanalyse en Analyse Psycho Organique…sur la route de la danse Krump, et bientôt comédien.
Voici une petite réflexion en lien avec mon parcours et mon expérience, avec bien sûr mon angle de vue. Cela est le fruit d’observations, de travail et de vécus. Je ne prétends pas détenir la vérité mais je sais qu’il y a plusieurs vérités…
Mon parcours
J’ai toujours été attiré par le domaine de la santé, en sachant que je voulais travailler avec mes mains, mais pas encore de quelle manière.
Ainsi je décidai de partir dans cette terre inconnue de l’ostéopathie, après deux échecs en médecine. J’aime utiliser le mot « échec » car ses deux années longtemps mises de cotés à cause des injonctions sociétales et familiales, ont finalement été riches d’apprentissages bien des années plus tard. Il y aurait beaucoup à dire sur les vertus de l'échec... « Réessayer, échouer encore, échouer mieux » Samuel Beckett
J’obtiens mon diplôme en 2014 à l’Isosteo Lyon. Après quelques mois de pratique en cabinet j’ai vite réalisé que l’ostéopathie n’était pas juste de la manipulation de tissus. Nous pouvions toucher un espace bien plus grand que seulement la sphère mécanique.
J’ai exercé en libéral à Lille durant dix ans et aussi à l’hôpital, au CHR d’Arras au centre de la douleur chronique durant sept années. Cela a considérablement modifié mon approche en ostéopathie et nourri ma motivation de comprendre le lien entre le corps et la psyché. J’étais dans 99% des cas avec des patient.e.s qui n’avaient jamais consulté de psy. Pour eux leur histoire n’avait pas de lien avec l’histoire de leur corps.
J’ai ainsi pu accompagner des personnes en ostéopathie pour des fibromyalgies, des algodystrophie, de l’endométriose, des migraines, des hernies discales, des douleurs post-opératoires, des traitements en chimiothérapie, des sevrages, des addictions, des douleurs chroniques sans cause apparente, des traumatismes physiques et psychiques.
Travaillant en équipe pluridisciplinaire, j’étais le pont qui permettait d’amorcer la rencontre avec la psychologue du service. Si le patient était prêt, il commençait une thérapie.
Observations clinique en ostéopathie:
J’ai pu observer de manière empirique que la douleur chronique était selon moi intimement liée à un désir de survivre, là où l’être s’est résigné à vivre. Comme si la tête disait non alors que le corps criait oui, comme si l’inconscient tentait de contacter le conscient. Un dialogue entre le corps et l’esprit, un problème de limite, de contenant, de distinction entre l’intérieur et l’extérieur. Le corps veut se défaire pour se refaire, retrouver un lien, une place, reconstruire et réparer ses limites corporelles.
J’ai aussi réalisé que le patient n’avait pas forcément conscience de ses mécanismes de défense, que cela se trouve justement ailleurs, dans un espace encore inconnu, son inconscient. C’est pourquoi il n’y a aucune efficacité dans la prise en charge des douleurs par les médicaments ou encore par l’ostéopathie, s’il n’y a pas de prise de conscience sur l’origine de la souffrance. Tout cela demande donc du temps.
La douleur chronique est une confrontation à soi-même, à des souvenirs enfouis, à des souffrances trop difficiles, que peut-être le ou la patiente ne veut pas voir, ne peut pas voir. Ce n’est pas juste un corps qui parle mais tout l’être qui demande une réparation.
Ainsi il est selon moi nécessaire d’amorcer un travail de fond sur le plan psychique, la psychothérapie, la psychanalyse. Cela demande de l’investigation, de l’exploration dans un monde que le conscient ignore encore, l’inconscient. De plus, personne ne peut obliger quelqu'un à démarrer une thérapie. Cela doit venir de soi.
Le symptôme est un aménagement, il sert à ne pas rencontrer une réalité psychique.
Enfin j’ai aussi pu observer que la douleur chronique peut être reliée à des traumatismes (décès prématurés, deuils non faits, perte d’un enfant, abus, violence, viol, secret…). Même si l’apparition de la douleur n’est pas concomitante à l’événement. Je fais l’hypothèse que la douleur apparaît lorsque la personne est prête à se réparer. Avant ce n’était peut-être pas le moment. La douleur est un moyen d’exister lorsque la place n’existe plus, lorsque le corps et la psyché ont été étouffés, arrachés.
Ma vision: le somato-émotionnel
« Seuls les tissus savent » Rollin E.Becker La vie en mouvement
Après ces onze années de pratique, mon approche d’ostéopathe a beaucoup évolué. Je n’utilisais que les techniques tissulaires qui ont pour but de re-donner du mouvement aux fascias.
Les techniques tissulaires permettent d’entrer en contact en respectant le corps et ses contraintes. Elles ne sont pas douces pour le plaisir d’être douces. Elles sont douces car l’ostéopathe doit prendre le temps d’entrer en contact avec des tissus du patient. Il doit respecter le rythme du tissu. Chaque rythme sera différent en fonction de l’histoire de chacun et chacune. C’est un peu comme si deux fréquences radio devaient se rejoindre sur le même tempo.
L’ostéopathe doit chercher jusqu’à être en appui parfaitement équilibré, jusqu’à ce que vous ouvriez la porte. Cela peut se faire en quelques secondes, en plusieurs minutes, ou même demander une séance entière avant de pouvoir se connecter.
L’ostéopathie tissulaire: fondement de l’ostéopathie
« Le souffle de la vie est le principe fondamental de la science ostéopathique » Rollin E. Becker La vie en mouvement
L’ostéopathie tissulaire est le fondement de l’ostéopathie, c’est ce qui donne aujourd’hui la fasciathérapie. Pour expliquer brièvement, nous travaillons sur les fascias car ceux-ci contiennent les empreintes laissées par l’histoire de notre vie. L’origine de ces empreintes se divise en 3 espaces, intimement imbriqués les uns les autres:
- La sphère métabolique:
Ce que nous mangeons, l’air que nous respirons, les traitements médicamenteux…tout cela a une influence directe et crée des agressions et donc des tensions tissulaires au sein de notre organisme
- La sphère mécanique:
Notre posture au quotidien, notre travail, le sport, les chocs physiques, les opérations…
- La sphère émotionnelle:
Tout ce que nous vivons, ce que nous ressentons, ce que nous taisons…et ça depuis la naissance (et même avant !)
L’intérêt de ces techniques est de venir « déprogrammer » ces empreintes pour ainsi retrouver une harmonie, un équilibre de circulation dans les tissus, ce que nous appelons en ostéopathie, l’homéostasie.
Si vous souhaitez en savoir plus je vous invite à regarder les différentes parutions de Pierre Tricot, ostéopathe français qui a contribué grandement à toute la transmission du savoir américain, lieu de naissance de l’ostéopathie créée par le médecin Andrew Taylor Still.
Ma vision en ostéopathie est donc d’aider l’individu à se sortir d’une posture dans laquelle il est prisonnier. Une ou quelques séances peuvent suffire, mais certaines fois, le problème est plus profond car des mécanismes inconscients peuvent être en jeu.
Ainsi un travail en profondeur sur le plan de la psychothérapie ou de la psychanalyse sera nécessaire. Mon rôle en tant qu’ostéopathe était aussi d’orienter vers les thérapeutes adaptés. J’ai donc beaucoup travaillé avec les psy durant ma carrière d’ostéopathe. Je pouvais aussi proposer d’autres méthodes si la personne n’est pas encore prête en s’engager dans une thérapie, par exemple la sophrologie, l’énergétique, la médecine chinoise, l’homéopathie…
Passionné par toute cette dimension psychique de l’être humain je décidai donc de me former en psychanalyse APO à l’École Française d’Analyse Psycho-Organique.
La psychanalyse en APO: la connaissance de soi, reprendre son pouvoir
Le but de la thérapie en psychanalyse APO n’est pas un bonheur absolu. C’est de trouver un équilibre entre toutes ses émotions, de pouvoir les vivre, les comprendre, s’y réconcilier. C’est retrouver les parties de soi mises de côté, c'est reprendre son pouvoir.
Dans la médecine traditionnelle, le médecin a le pouvoir. Il sait, face au patient qui ne sait pas. Il donnera la solution par un médicament. L’ostéopathe lui aussi a le pouvoir, il va aider à faire bouger les choses, il sera un appui pour que la personne transforme, avance, mais est-ce suffisant sur le long terme ? La aussi il y a une une certaine forme de passivité chez le patient, il n’est pas acteur. Si le symptôme revient, alors d’autres approches sont à envisager.
J’occupe donc aujourd’hui une nouvelle place, dans un autre espace de travail impliquant ainsi un processus bien différent. En thérapie, et en psychanalyse APO, le ou la thérapisant.e est placé.e au centre et va reprendre le pouvoir sur sa vie. Il devient l’acteur ou l’actrice. La psychanalyse permet de trouver la paix avec son histoire, une harmonie avec les traumas vécus, la violence subie, la maltraitance, l’absence, l’abandon, la trahison, l’injustice…
Je serai là pour vous accompagner, pour vous soutenir dans votre émergence, poser les mots là où il n’y en pas eu. Je serai un appui pour vous aider à renouer avec votre lien, votre élan vital.
L’Analyse Psycho-Organique est transformationnelle, et ça durant chaque séance. C’est un chemin vers votre identité, votre force, votre pouvoir de créativité. C’est un tissage entre votre corps, votre esprit, votre histoire, le palpable et l’impalpable. Ce processus demande du temps et de l’investissement mais c’est un grand « oui » que l’on se fait à soi.
Vivre avec les autres, vivre avec les miens, vivre avec soi…
L’artistique
Je suis à Paris pour réaliser mon projet d'être comédien. En plus de jouer, j'utiliserai l'outil du théâtre au service de la thérapie de groupe. J'ai déjà pu être assistant avec la comédienne et psy APO Raïssa Bedjaoui. Le thème portait sur la violence, c'est à dire comment contacter sa propre violence à travers des personnages de théâtre.
Je suis également dans l'univers du clown et de la danse depuis plusieurs années, et plus précisément le K.R.U.M.P. Née de Los Angeles cette danse sacrée se propage dans divers pays du monde... (cf film RIZE David LaChapelle).
Danser pour être libre, danser pour retrouver les émotions tues, danser pour ressentir lorsque l’on n’a pas pu. Danser pour sortir de la survie. Danser pour se relier à soi, aux autres, au monde. Danser pour relier ses mondes, danser pour être vu.e, pour se montrer, pour se regarder soi, à l’intérieur. Danser pour sortir du combat, de sa dualité. Être un avec. Danser pour respirer, danser pour souffler. Danser pour se questionner, trouver des nouveaux chemins, danser pour se structurer, se sécuriser. Danser pour se poser, s’ancrer, se reposer. Danser pour prendre sa place dans cette société.
L’artistique c’est se relier aux milliers de dimensions de la vie, c’est donner corps à son inconscient. Alors contactez l’artiste en vous, peu importe l’outil ou le support, essayez, osez, échouez, recommencez…vibrez. La psychanalyse en Analyse Psycho Organique pourra vous aider à justement contacter les ressources artistiques à l’intérieur de vous.
Alors si vous n'avez jamais fait de thérapie ou si vous désirez continuer un travail déjà fait en psychothérapie ou en psychologie, l'analyse psycho organique est peut-être une solution pour vous, à l'endroit où vous vous trouvez maintenant.
« Être libre demande un certain courage. Le courage de se libérer d'un semblant de sécurité. Le courage d'oser être soi. Le courage d'assumer ses choix. Le courage de se détourner de ce que les autres attendent. Le courage de se faire passer en priorité. Le courage de se responsabiliser. Le courage de ne plus rien attendre de personne. Le courage d'apprendre toujours plus. Le courage de donner le meilleur de soi. Le courage de choisir, de se choisir et le courage d'aimer qui on veut.
Oui, dans cette société basée en grande partie sur la conformité, qui nous conforte par habitude dans une forme de victimisation, il faut un certain courage pour oser briser ses chaînes, prendre soin de soi, et être. Oser sortir du cocon devenu inconfortable, et vivre... tout simplement.»
Alexandre Jollien


