La naissance, naître de sens...pourquoi aller en psychothérapie ?
- aponicolasgiot
- 27 juin
- 5 min de lecture

« Nous sommes tissés de langage et le corps est cette enveloppe où tout se mêle."
" La naissance est une « première fois » décisive parce que s'y joue et s'y concentre tout ce qui est et sera à l'œuvre dans la vie de l'enfant: ce qu'il est - inconsciemment - pour sa mère et son père, la place qu'ils lui donnent par rapport à leur couple, à leurs deux lignées, etc. Elle fonctionne comme une sorte de « précipité chimique », de dévoilement brutal de toutes les cartes du jeu. Son influence sur le bébé est d'autant plus forte que ses parents n'ont, le plus souvent, nous l'avons dit, aucune conscience de ce qui les traverse. Ils ne peuvent donc l'en protéger, ni même lui en parler. De ce fait, privé de paroles qui pourraient nommer, pour lui, ce qu'il ressent, il n'a aucun recul, aucun recours possible. La scène s'empare de lui. Il est possédé par elle. Et c'est à partir d'elle que, par la suite, il va à la fois appréhender lui-même, les autres et le monde. "
Grandir - Claude Halmos
La naissance
Votre naissance est le point de départ de votre vie. Ce/ceux qu’il se vivra autour ainsi que les circonstances de votre venue au monde influencera directement votre structure psychique et corporelle. C’est ce que montre l’ostéopathie pédiatrique, avec notamment l'ostéopathe Danie Heintz en France qui était spécialisée dans la prise en charge du nourrisson. Et également les grandes avancées en psychologie et psychanalyse.
François Dolto pédiatre et psychanalyste française révolutionna la prise en charge des enfants en leur donnant la parole, en les écoutant comme des adultes. Un enfant a le droit de savoir ce qu’il s’est passé durant sa naissance. Ne pas savoir revient à le priver de son réél que son corps, lui, sait. Le corps sait tout mais l'esprit non. Poser des mots sur votre histoire pour récupérer votre place de bébé, d’enfant, d’adulte. Cela vous permettra de comprendre ce qui est à vous et ce qu’il ne l'est pas, de rendre aux autres ce qui vous n’appartient pas. D’où l’importance d’aller questionner l’histoire de votre naissance, de votre enfance, à vos parents, à votre famille…lorsque cela est encore possible.
François Dolto découvrit que des événements traumatiques vécus par les parents avaient une influence directe sur l’enfant: fausses couches, deuils, perte d’un membre de la famille pendant une grossesse, séparations, dépressions, agressions, violences…Elle réalisa que le fait que le parent s’autorise à poser des mots, à raconter l’histoire, même si difficile, permettait une libération, du moins un premier mouvement vers la libération, vers la vie. La parole fait tiers, elle sépare, elle clarifie, elle remet la loi…le processus de réparation est engagé.
Le bébé arrive donc sur Terre avec déjà une histoire, avec des valises qui peuvent être un peu lourdes. La séparation avec la mère marque le début de la perte, le début du manque que le bébé comblera toute sa vie inconsciemment sous différentes formes. Il sortira de l’omnipotence d’être un tout dans l’utérus de sa mère jusqu'à qu’il se sépare, et qu’il comprenne qu’il pourra survivre sans elle.
Aussi la naissance marque un bouleversement d’un système familial, les places de chacun.es bougent et peut-être que certains ne sont pas prêts à bouger. La mère devient grand-mère, le père devient grand-père…etc. Comment construire sa place s’il n’y pas suffisamment de place pour soi ? L’enfant est porteur d’un symptôme familiale, d’une histoire.
Avant la naissance
Ainsi, nous arrivons chacun.e dans une gigantesque toile d’araignée tissée consciemment et inconsciemment par nos ancêtres, remplie d’expériences de vie, d’amour, de violences, d’inégalités, de trahisons, de non-dits, de secrets...de traumatismes. Oui nous sommes tous et toutes des sacs de traumatismes dans lesquels la vie a réussit à construire sa place.
Didier Dumas, dans L’enfant créa le père, met en lumière l’importance des mots entre les parents avant la naissance. Comment l’enfant va t-il être parlé avant même qu’il n’arrive. Quel est le discours porté sur lui ? L’enfant serait déjà entrain de naître avant même sa naissance physique. Est-il désiré, prévu, attendu, adopté... ? Dès lors, l’histoire des parents, de leur rencontre, de leurs mots/maux d’amour viendra impacter directement l’enfant, leurs enfants, dans leurs histoires futures...
Pourquoi démarrer une psychothérapie, une psychanalyse, une psychanalyse APO ?
Commencer une psychothérapie ou une psychanalyse APO, est un moyen de se réapproprier son histoire. C’est prendre appui sur ses blessures pour les transformer en force. C’est mettre de la lumière là où il n’y en à pas eu, c’est remettre de la loi et de l’amour pour obtenir réparation. Vous pourrez aborder dans la thérapie votre arbre familial, une clé importante pour comprendre et sortir des loyautés familiales, des schémas de répétitions et se libérer d’émotions qui ne vous appartiennent pas…Oui car en plus d’avoir des traumatismes, vous pouvez aussi porter le trauma d’un.e autre...
Bruno Clavier, psychanalyste et psychologue clinicien, est spécialisé dans l’approche transgénérationnelle, reliant psychanalyse et psychogénéalogie. Il définit la notion de "fantômes familiaux" comme des traces psychiques et émotionnelles de traumatismes ancestraux, tels que l'inceste ou des morts non pleurées, qui assiègent l'inconscient des descendants, provoquant des symptômes, des obsessions, des répétitions de schémas.
Dans Ces enfants qui veulent guérir leurs parents (2022), Bruno Clavier observe que des enfants, sans avoir subi d'abus directs, développent des cauchemars, des angoisses ou des psychoses en absorbant le poids transgénérationnel pour "guérir" leurs parents. D’où la complexité de voir clair lorsqu’un sujet présente des traumas et en portent d’autres...
C’est là où la thérapie, la psychothérapie, la psychanalyse APO, pourrait vous aider en démêlant petit à petit tous ces noeuds familiaux, réparer vos traumatismes, prendre votre place.
S’engager dans une thérapie c’est prendre le risque d’aller vers l’inconnu, dans sa parole, dans ses ressentis, dans ses émotions, dans son histoire. C’est oser marcher sans savoir où aller, c’est oser l’imprévu, dans un cadre contenant et sécurisant. C’est parler de ce qui vous a marqué, de la parole des autres, des silences, des actes, des absences, qui vous ont construits malgré vous. Aller en thérapie c’est accepter l’aide de quelqu’un, c’est accepter sa fragilité, sa force de vulnérabilité, c’est reconstruire le lien à soi pour comprendre et réparer ses liens aux autres. S’engager dans une psychanalyse APO c’est accepter le temps, c’est faire confiance à ce processus qui soutiendra la vie, qui vous aidera à transformer, à retrouver qui vous êtes réellement au plus profond de vous.
" Ainsi, même si un enfant pense que ses parents l'ont « fait », sa vie lui vient de bien au-delà. Le fœtus revit certaines étapes de l'histoire de l'Évolution, comme s'il apprenait d'où il vient. Le bébé est « re-évolutionnaire » puisqu'il contient et prolonge l'Évolution; il va tenter de révolutionner son milieu, de faire accueillir sa différence. Il n'y parviendra que partiellement : les « vêtements » qui lui sont enfilés vont limiter son contact avec lui-même et le monde. Puisque « la thérapie est la tentative d'élargir cet espace entre cet être présent qui désire et les vêtements qui lui ont permis d'apparaître et d’exister », (Marc Tocquet, 2022, p. 21), un enjeu majeur est de se réapproprier sa conception, mais comment ? "
Revue APO La naissance - Le bébé: un révolutionnaire sous contrat


